Saint-Etienne

Saint-Etienne regards d'écrivains

Les éditions EMCC viennent de lancer le premier ouvrage de leur nouvelle collaboration avec l’association Histoire et Patrimoine de Saint-Etienne (ex Amis du Vieux Saint-Etienne) qui en appelle d’autres dans les prochains mois. Depuis cet été, le journal L’Essor édition Loire (qui fait partie avec EMCC du même groupe de presse) a publié de larges extraits de cet ouvrage dans ses colonnes et aujourd’hui, le lecteur peut désormais disposer du recueil complet de ces textes et de ses illustrations en couleur. 

Cet ouvrage apporte par touches successives la vision des écrivains de passage ou en séjour sur l’évolution de la ville de Saint-Etienne au fil des siècles depuis le XVIII° siècle jusqu’au milieu du XX° siècle. Dans sa préface, le sénateur maire de Saint-Etienne ajoute que « nous avons besoin de ces regards extérieurs pour la faire progresser » en parlant de la ville de Saint-Etienne et il souligne que « l’autre nous révèle à nous-mêmes et nous interroge sur ce que nous sommes. »

Dans son introduction, l’auteur du recueil Gérard-Miche Thermeau s’attache en remettre en perspective de manière habile les différents regards des auteurs qu’il a choisi de présenter. Il utilise la technique des cadavres exquis pour évoquer la ville de son cœur et il s’amuse à nous décrire la ville stéphanoise en complétant par petites touches judicieuses et ainsi former un portrait tantôt flatteur ou tantôt désapprobateur mais réaliste de cette dernière.

Jugez-en vous-même avec ces extraits :

« Saint-Etienne est une ville sans passé : « on n’en peut fixer l’origine » note Alléon-Dulac. Cette « cité si jeune » (Ogier) n’était avant la révolution « qu’une ville ordinaire », néanmoins déjà très peuplée, « la plus considérable du Forez » (Dulaure), « plus grande que Clermont » (Demichel).

Cette ville moderne n’est pas une « belle ville » (Auguste Sibour) mais d’une laideur originale (Barron). C’est aussi une ville en chantier, les rues encombrées de matériaux » (Le Mercure), « sans que rien paraisse fini » (Valentin Smith), une ville champignon par sa croissance démographique et spatiale (Blanqui, Stendhal, Guilbert, Touchard-Lafosse, G.Bruno, Vachon).

Gérard-Michel Thermeau présente à chaque fois l’auteur de l’extrait choisi par une courte biographie utile pour resituer ces écrivains dans leur contexte historique.

Parmi ces auteurs, le lecteur sera surpris de découvrir de grands noms de la littérature française à l’image de Stendhal natif de Grenoble, qui a de nombreuses difficultés pour s’intégrer compte de sa situation matrimoniale : « On n’aime point à Saint-Etienne, les hommes non mariés ; et pour être toléré, j’ai dû donner des détails sur mon compte et annoncer mon prochain établissement. » Il décrit plus loin dans le texte cette ville qu’il vient de découvrir en la présentant ainsi  « Saint-Etienne a été créé par la houille, qu’elle transforme en armes, en eustaches et en rubans de soie. Les rues sont larges et noires comme en Angleterre. Un torrent magnifique, nommé Furens (le furieux), traverse la ville, et fait mouvoir cent usines. »

Quant à Jules Vallès natif du Puy-en-Velay, auteur aussi célèbre a vécu cinq ans pendant son enfance à Saint-Etienne de 1840 à 1845  où il vit des heures difficiles : « Je passe là, les dimanches surtout, des heures pénibles. Pas de bruit, que celui des cloches, et ma tristesse d’ailleurs, même en semaine, est plus lourde dans ce pays, sous le ciel fumeux de Saint-Etienne. »

Bien d’autres auteurs sont à découvrir ou à redécouvrir dans ce recueil mais il y a une deuxième partie qui n’est pas inintéressante pour le lecteur curieux qui concerne les images de la ville. Les représentations allégoriques sont mises en avant avec les fusains de Pierre Chapelon, les différentes variantes des statues de l’Hôtel-de-Ville dont leur origine est liée au testament de l’ancien maire Hippolyte Royet sans oublier un article trop court à mon goût autour des médailles commémoratives sur la grandeur des industries stéphanoises. Pour terminer, le clin d’œil kitsch de ces images est à décerner à ce service à café  de 29 pièces en céramique peinte par signé par P.Dury de Saint-Etienne  où chaque pièce est décorée d’un lieu stéphanois emblématique qui est conservé dans les collections du Musée du Vieux Saint-Etienne que je ne connaissais pas.

En conclusion, cet ouvrage permettra à chaque stéphanois de redécouvrir sa ville à travers ses textes anciens originaux et de réfléchir sur la véritable identité stéphanoise à l’heure de la mondialisation des échanges.

Gérard-Michel Thermeau Saint-Etienne regards d’écrivains ! Du XVIII° au XX° siècle de la ville noire à la vie verte Histoire et Patrimoine Saint-Etienne EMCC 156 p. 12 euros ISBN 97823574030000

http://livresemcc.com/saint-etienne-regards-ecrivains-detail

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