Pascal Chambon Les résistances dans le département de la Loire 1940-1944 Préface de Yvan Charon-Nocher De Borée, 2016, 450 pages, ISBN 9782812919725 23 euros

 

Avec ce nouvel ouvrage l'historien ligérien Pascal Chambon a su écrire une brillante synthèse autour de cette période très compliquée des différents types de résistances à l'occupant allemand et à Vichy dans le département de La Loire entre 1940 et 1944. Cette synthèse sera une référence dans l'histoire locale et régionale car son auteur a su habilement s’appuyer sur des archives historiques notamment celles des archives départementales de la Loire mais aussi sur de nombreux témoignages plus ou moins connus. Ce bel ouvrage redonne donne la parole à ces acteurs, victimes de cette terrible période.

Le département de la Loire a participé indirectement à de grands événements de l'histoire française où on apprend la conséquence d'un curieux accident de la route impliquant des militaires allemands près de Planfoy lors de l'invasion de la zone sud a eu des répercutions nationales :

« Deux soldats allemands blessés sont amenés à l'hôpital de Bellevue où un un infirmier, agent de Gustave Simon du SR Kléber, copie leurs identités pour les transmettre à son supérieur. Celui-ci remarque qu'il s'agit d'hommes de la Kriegsmarine : leur objectif ne serait-il pas spécifiquement Toulon ? Le capitaine Mauer, responsable local du SR, est alerté puis le commandant de la base de Toulon. Avec d'autres éléments, cette information confirme la menace sur la flotte qui sera sabordée quelques heures plus tard. » (page 152).

Une autre petite histoire est à découvrir à la page 225 où on découvre que des parachutages sont organisés « pour Spruce en avril et mai 1943 à Saint-Just-sur-Loire. Celui de mai devait avoir des conséquences politiques nationales. En effet, Boiteux réceptionne du matériel destiné rien que moins à tuer Pierre Laval !... »

Cette belle synthèse est destinée à tous et elle fait également le lien entre l'Université et la vulgarisation de cette période compliquée de notre histoire.

 

Quatrième de couverture :

 

« Si Lyon est la capitale de la Résistance, Saint-Étienne en est l'une des préfectures.» Ainsi parle Annette Kahn dont le père, Robert, fut le chef ligérien du mouvement Libération. C'est à Saint-Étienne qu'éclosent les premiers réseaux ligériens. C'est à Saint-Étienne que des personnalités fédèrent autour d'elles ceux acceptant de s'engager. Près de 87% des résistants déportés ou non résidaient dans l'arrondissement de Saint-Étienne ! Des petites villes de l'agglomération stéphanoise ne sont pas en reste comme Saint-Chamond ou Rive-de-Gier. Roanne, à l'autre extrémité du département, a ses acteurs propres dont certains se relieront au chef-lieu du département alors que d'autres se connecteront à Lyon. Car la Résistance est, d'abord, une affaire urbaine. Elle y trouve les milieux sociaux et politiques favorables à son exclusion ainsi que les moyens de communication indispensables à son action. Il faudra attendre les maquis, c'est-à-dire essentiellement 1944, pour assister dans la Loire à une « ruralisation de la résistance». S'appuyant sur des archives et sur de nombreux témoignages, ce livre donne la parole, autant que faire se peut, aux acteurs de la terrible et glorieuse aventure de la Résistance. Grâce aux travaux antérieurs bien documentés, ce livre n'a pas l'ambition d'être exhaustif, loin de là. Il évoque également des Résistances peu abordées comme la Résistance juive ou les réseaux sous commandement britannique. Cette Résistance est multiforme : civile, politique, militaire etc. Elle est parfois très précoces, dès l'été 1940 alors que les Français, assommés par la défaite militaire, voient s'établir le régime de Vichy. Des réseaux locaux s'élaborent. Plus puissants, des mouvements nés ailleurs s'installent dans la Loire. Avec l'occupation de la Zone Sud fi n 1942, la Résistance acquiert une nouvelle légitimité. Désormais, les masques tombent et plus nombreux sont les femmes et les hommes à s'engager. La lutte armée s'organise. La répression menée par l'occupant s'ajoute à celle conduite par les polices de Vichy, bientôt aidées de la Milice. L'année 1943 est marquée à la fois par une amplification de la Résistance et par les coups très durs qui lui sont portés. 1944, enfin, représente le summum de l'engagement et de la violence récompensés lors de l'été de la Libération.

 

Biographie de Pascal Chambon :


Pascal Chambon est né en 1962 à Rive-de-Gier. Il a fait ses études à l’Université de Saint-Etienne. Professeur dans le secondaire, il publie un premier livre, Pont-Salomon, les hommes de la faux, sur la dernière usine de faux française. Professeur certifié, chargé de cours à Jean-Monnet durant plusieurs années, il prépare alors une thèse d’histoire moderne, soutenue en 1999, sur le département de la Loire sous le Premier Empire. Aujourd’hui, il enseigne l’histoire-géographie et l’option histoire de l’art au lycée Saint-Paul-Forez de Montbrison tout en continuant des recherches et publiant des articles en particulier dans le domaine de l’histoire militaire.

 

Les resistances

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